19 octobre 2026
Ça ne vous a pas échappé, et les images de ce week-end vous ont sans doute, comme moi, laissé sans voix. Des mairies attaquées, des bâtiments publics incendiés, des commerces pillés, des vitrines explosées… de Marseille à Limoges, en passant par Lille, Paris, Bordeaux ou Lyon, les scènes de violence et de vandalisme d’une ampleur inédite se sont multipliées. Pour décrire la situation, un mot s’est rapidement imposé…
Le Chaos. Le mot revient en boucle sur les chaînes d'information, dans la bouche des habitants, des journalistes et des autorités devant ces images de désolation. Comme si, en quelques heures, la violence avait fait basculer la France dans une autre dimension. “apocalyptique”, vous l’avez entendu, “digne de la fin du monde”.
Des mots forts, qui disent aussi le choc et l’incompréhension. Commerçants, riverains, citoyens… ce matin, beaucoup d’entre nous se sont réveillés complètement “K.O”, sonnés par cet uppercut de violence.
Le chaos, c’est aussi un mot qui nous rappelle ce refrain bien connu…
Mylène Farmer et son célèbre *Désenchantée. Lorsque ce titre sort en 1991, la guerre du Golfe fait rage et le climat social et économique est particulièrement morose. La chanson va alors devenir l’un des hymnes d’une génération en quête de repères. Trente-cinq ans plus tard, la chanson, comme le clip vidéo, restent terriblement d’actualité.
"Rien n’a de sens et rien ne va…" : ces mots pourraient presque résumer le témoignage de cette jeune femme, interrogée samedi dans les rues de Toulouse, sur les raisons de sa présence dans le cortège des manifestants. Écoutez…
Et oui, derrière les images d’affrontements, de casse et de pillage, il y a aussi des revendications, des colères et des souffrances bien réelles. Et il ne faudrait pas que les scènes de violence, diffusées en boucle sur les réseaux et les chaînes d’information, finissent par invisibiliser des difficultés sociales, économiques ou de santé publique avérées qui méritent, elles aussi, d’être entendues.
Dans ce contexte, certains estiment que les manifestations pacifiques ne servent plus à rien, que la violence est nécessaire, voire qu’elle ne serait que le reflet de celle exercée par l’État, un juste « retour de bâton » en somme, selon eux. On peut débattre bien sûr de ces questions, interroger les responsabilités politiques, dénoncer des injustices et demander des comptes. On peut aussi s’interroger sur le rôle de ceux qui attisent les tensions et exacerbent les divisions, l’ultra-gauche en première ligne avec sa stratégie du chaos et la mouvance islamiste pro-palestinienne et ses appels honteux à l’intifada en France.
Quoi qu'il en soit, rien ne saurait justifier qu’on incendie une mairie, qu’on détruise et mette à sac des commerces, que l’on s’introduise chez les gens ou que l’on saccage le travail de personnes qui n’y sont pour rien. Redisons-le clairement ce matin sur ESSENTIEL radio, la violence à laquelle on a assisté ce week-end n’est pas acceptable.
Pour autant, cette situation peut aussi nous amener aujourd’hui à réfléchir et à tirer des leçons.
Tout à l’heure, je vous parlais d’une chanteuse désenchantée. Mais ce triste spectacle me fait aussi penser à quelqu’un d’autre, un prophète de la Bible, Ésaïe. Ses mots datent d’il y a plus de 2500 ans mais écoutez plutôt comme ils rendent parfaitement compte de la situation actuelle :
“Le pays est dévasté, écrit Esaïe, livré au pillage ; Le pays est triste, épuisé; Les habitants sont abattus, languissants ; les chefs du peuple sont sans force. La ville déserte est en ruines; Toutes les maisons sont fermées, on n'y entre plus. On crie dans les rues, parce que le vin manque; Toute réjouissance a disparu, L'allégresse est bannie du pays. Il ne reste de la ville que de sinistres décombres, sa porte est fracassée, en ruine. Les pillards pillent, et les pillards s’acharnent au pillage”
Et bien ce qu’il faut souligner, c’est que pour le prophète, cette situation désastreuse n’est pas seulement le résultat de circonstances économiques, d’orientations sociales ou de choix politiques. Elle révèle d’abord et surtout une crise profonde dans notre relation avec Dieu. Elle est la conséquence d’un choix malheureux, à la fois collectif et individuel, le choix d’abandonner Dieu, de l'écarter de notre vie. Et puis à cela s’ajoute l'injustice sociale et morale que dénonce aussi le prophète : corruption, violence, oppression des plus faibles et indifférence envers ceux qui n’ont pas de voix.
Autrement dit, une société peut finir par se détruire de l’intérieur lorsqu’elle perd ses repères, oublie Dieu et cesse de prendre soin des plus vulnérables.
Heureusement, non : les prophètes annoncent aussi la possibilité de revenir à Dieu, d’être pardonné, d'être restauré.
Ce qui est intéressant aussi à noter, c’est que le texte biblique commence par une forme de chaos. Dans les premiers versets de la Genèse, la terre est « informe et vide », c’est le fameux “tohu-bohu”. Tout est encore désordonné, mais Dieu se met à l’œuvre : il fait jaillir la lumière et donne forme à la vie. Comme pour nous rappeler que là où tout est chaotique et sens dessus dessous, Dieu peut encore faire naître quelque chose de nouveau.
Alors devant le constat de ce chaos, dans nos rues et nos cités, mais aussi dans nos foyers, notre coeur, nos pensées, sachons revenir humblement à Dieu pour qu’il puisse transformer ce qui doit l’être, nous apprendre à rechercher la justice sans céder à la haine, à défendre ce qui est juste sans détruire, et à reconstruire plutôt qu’à tout saccager. La véritable paix ne e trouve en lui en Jésus.
Il y a ENCORE de la lumière dans l’obscurité. Encore de l’espérance quand tout semble perdu. Encore des cœurs à réconcilier. Même au milieu du chaos, Dieu peut encore faire naître un commencement. Et Jésus, le prince de paix, Il n’a pas fini.
Excellente journée à tous sur ESSENTIEL radio !